
Macintosh avait ouvert le bal avec son Iphone, Microsoft se devait de réagir avec Surface. Pourtant l’un n’empiète pas sur les plates-bandes de l’autre puisque les 2 projets constituent 2 axes bien différents de réponse aux actuelles dynamiques de déportation de nos contenus et applications numériques vers notre environnement et nos objets du quotidien.
Microsoft Surface représente l’une des premières tentatives d’interface tangible domestique axée grand public. Celle-ci se présente sous la forme d’une table surmontée d’un écran interactif, malgré ce que l’on pourrait penser l’écran n’est pas équipé de dalle tactile, et ce sont en fait 5 caméras infrarouges de résolution nette 1280*960 placées sous la dalle qui permettent l’interaction avec les multiples applications proposées. Le tout tourne à l’aide d’un ordinateur “classique” (core duo, 2go RAM, 256mb graphique) et d’un vidéo projecteur intégré.
Le concept n’est bien sur pas nouveau, et les table interactives foisonnent véritablement depuis quelques années dans les laboratoires de recherches comme ici ou là. Les initiés crieront au scandale en disant que Microsoft s’approprie injustement la reconnaissance et le fruit du travail de nombreux chercheurs qui développent dans l’ombre et depuis une dizaine d’année des solutions de ce type. Mais les bénéfices d’une opération de communication d’envergure comme celle de Surface sont bien là, notemment pour préparer les mentalités de notre société à l’avènement de l’informatique ambiante.
En effet, qui mieut que Microsoft a le pouvoir de placer des budgets colossaux pour que de tels projets d’interfaces tangibles grand public voient le jour, et même si à l’heure actuelle Surface n’est pas vraiment adapté au budget moyen des familles (vendu à un prix atteignant les 10000$), il annonce néanmoins l’arrivée sur le marché d’une nouvelle génération d’interface qui se veut plus proche de l’environnement de l’utilisateur et contribue à faire des théories contemporaines sur l’informatique ambiante une réalité.
Même si Surface est très largement accueillie comme une solution efficace aux besoins des utilisateurs de retrouver les usages sociabilisant de nos contenus multimédias, il se crée néanmoins une controverse quant à la réelle utilité et utilisabilité de la table. Utilisabilité ? En effet cette table horizontale volumineuse peut elle réellement trouver une place dans notre environnement d’intérieur? Est ce que son image de “table basse” ne va pas venir parasiter sa fonction première ? Pour poser la question autrement: est ce que mon bol de cacahuètes et ma bouteille de bière ont vraiment leur place sur mon média center familiale à 10 000$ ?
Finalement on retiendra le fait que même s’il présente des applications séduisantes de la technologie du Multitouch développée par Jeff Han, Surface persiste à vouloir venir greffer des usages tangibles dans un environnement numérique qui lui ne l’est pas; Nous aurons beau enrichir les interfaces graphiques de tous les artifices et métaphores possibles nous ne resterons toujours qu’ à la “Surface” des choses. Ainsi bien que proposant des intégrations judicieuses de nos périphériques mobiles, “Surface” ne me semble pas être la solution la plus adéquate pour abolir la distance qui nous sépare de notre espace multimédia numérique. Privilégier des technologies de réalité mixtes comme les objets RFID-enabled me semble plus pertinent pour que nos contenus multimédias retrouvent finalement leur place dans nos salons et nos étagères.









Bulletins (RSS)